Paris durcit la lutte contre les locations touristiques illégales et double les amendes à 100 000 euros
La plus haute juridiction française valide la loi Le Meur et ouvre la voie à des contrôles renforcés à Paris.

Deux évolutions convergentes montrent que Paris durcit sa position face aux locations de courte durée non autorisées.
Le 11 juin 2026, la Cour de cassation a refusé de renvoyer une question prioritaire de constitutionnalité visant la loi Le Meur, le texte de 2024 qui a refondu les sanctions applicables à la transformation de logements en meublés de tourisme sans autorisation. En refusant de transmettre la question au Conseil constitutionnel, la Cour a laissé la loi pleinement en vigueur.
La loi Le Meur a fortement alourdi le coût d’une activité hors des règles. Elle a doublé l’amende civile pour un changement d’usage non autorisé, de 50 000 à 100 000 euros par local, a instauré une astreinte pouvant atteindre 1 000 euros par mètre carré et par jour jusqu’au retour du bien à un usage résidentiel, et a étendu des amendes pouvant atteindre 100 000 euros aux intermédiaires qui facilitent les infractions, y compris les agences et les sociétés de gestion. Elle a aussi allégé la charge de la preuve que les villes doivent apporter pour établir un changement d’usage illégal, permettant à un stock d’affaires en attente d’avancer.
Les sanctions produisent déjà des effets. Un jugement d’avril 2026 a infligé 585 000 euros à une société immobilière qui avait transformé un immeuble de onze logements dans le centre de Paris en locations touristiques. Sur l’ensemble de 2025, sa première année pleine sous la nouvelle loi, Paris a enregistré environ 2,4 millions d’euros d’amendes, contre 1,3 million l’année précédente, et la ville a comptabilisé près de 1 million d’euros supplémentaires sur le seul premier trimestre 2026.
| Sanction | Avant la loi Le Meur | Aujourd’hui (2026) |
|---|---|---|
| Amende pour changement d’usage illégal, par local | 50 000 euros | 100 000 euros |
| Astreinte jusqu’à la mise en conformité | Aucune | Jusqu’à 1 000 euros par mètre carré |
| Amende sur les intermédiaires qui facilitent | Aucune | Jusqu’à 100 000 euros |
| Exemple de sanction, avril 2026 | Non applicable | 585 000 euros |
| Total des amendes prononcées à Paris, 2025 | Non applicable | Environ 2,4 millions d’euros |
La trajectoire est claire. La France a associé un plafond de sanctions plus élevé à un seuil de preuve plus bas, et Paris met en place les moyens de contrôle pour utiliser les deux. Les opérateurs et les partenaires qui les accompagnent supportent désormais une exposition financière réelle pour tout bien exploité sans l’autorisation de changement d’usage requise.
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