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Les villes espagnoles risquent un déficit de 2 milliards d'euros en sous-taxant les appartements touristiques sur la nouvelle redevance déchets

Les villes espagnoles font face à une injustice fiscale en ne classifiant pas correctement les appartements touristiques dans le cadre de la nouvelle redevance déchets.

GV

Gianpaolo Vairo

mercredi 26 novembre 2025 à 00:00 · 3 min de lecture

Les villes espagnoles risquent un déficit de 2 milliards d'euros en sous-taxant les appartements touristiques sur la nouvelle redevance déchets

Les grands centres urbains espagnols sont confrontés à une injustice fiscale et environnementale généralisée en ne classifiant et taxant pas correctement les appartements touristiques de courte durée dans le cadre d’une nouvelle redevance nationale de gestion des déchets. Malgré l’obligation de mettre en œuvre des redevances basées sur le principe du « pollueur-payeur », la plupart des grandes villes traitent les locations de vacances à forte fréquentation de manière identique aux résidences familiales ordinaires, subventionnant ainsi les déchets générés par le tourisme aux dépens des résidents locaux.

Le mandat national et le manque à gagner

Le problème découle de la Loi 7/2022 relative aux déchets et sols contaminés pour une économie circulaire. Cette loi, alignée sur les directives de l’Union européenne, imposait à toutes les municipalités espagnoles de mettre en place une redevance déchets spécifique, non déficitaire (Tasa de Basuras ou PPPNT), avant le 10 avril 2025. L’objectif principal est de récupérer le coût réel complet de la collecte, du transport et du traitement des déchets — estimé à 5,056 milliards d’euros au niveau national en 2024.

Cependant, une analyse provisoire de l’Observatoire de la Taxe sur les Déchets indique que, même avec les nouvelles redevances, seulement environ 54,7 % de ces coûts étaient couverts en 2025. Les inspecteurs fiscaux locaux estiment que le déficit national potentiel avoisine les 2 000 millions d’euros. Cet énorme déficit est largement supporté par l’augmentation des redevances sur les ménages, dont la taxe moyenne a déjà augmenté de 26,5 % en 2025.

L’angle mort des grandes villes

Dans les grandes zones métropolitaines, l’incapacité à différencier les propriétés résidentielles des propriétés touristiques aggrave ce déséquilibre financier et social.

Les experts, y compris les analystes fiscaux, estiment que cette pratique fausse l’équité du marché, car la nature à forte rotation des logements touristiques nécessite des services de collecte surdimensionnés et plus fréquents, à l’instar des hôtels et restaurants qui paient déjà des tarifs commerciaux majorés.

La réalité de la production de déchets touristiques

Les études confirment la charge environnementale et fiscale :

  • Production plus élevée : La recherche indique que les activités touristiques entraînent souvent des quantités plus élevées de déchets solides. Bien que certaines études localisées (comme à Minorque) suggèrent que les touristes peuvent générer légèrement moins par jour que les résidents, le facteur clé est la composition et le comportement de recyclage.

  • Faibles taux de recyclage : Les inspecteurs fiscaux notent que les locataires touristiques, peu familiers avec les systèmes locaux complexes de tri, produisent davantage de déchets mélangés et recyclent nettement moins. Par exemple, dans les contextes insulaires, il a été constaté que les populations non touristiques collectent sélectivement 47,3 % de plus de matières recyclables que les touristes.

  • Impact des appartements : Les audits de déchets ont spécifiquement montré que la production de déchets mélangés est plus élevée dans les appartements touristiques que dans les hôtels, en raison de la nature structurelle des services fournis.

Fait crucial, la nouvelle loi permet aux municipalités de justifier des redevances plus élevées par des études prouvant cette production accrue, en faisant passer la classification du bien de résidentiel à commercial (activité économique).

Des modèles de taxation équitable

Alors que la plupart des grandes villes accusent du retard, plusieurs administrations montrent la voie en matière de taxation équitable des déchets :

  • La reclassification de Barcelone : L’Área Metropolitana de Barcelona (AMB) ouvre la voie en prévoyant de reclasser 11 664 appartements touristiques en entités commerciales pour le budget 2026. Ce seul changement devrait augmenter les recettes municipales de 3,3 millions d’euros, garantissant que les biens générant des déchets de niveau commercial paient des redevances de niveau commercial.

  • Le système à plusieurs niveaux de Séville : Séville se distingue parmi les grandes villes en appliquant des suppléments basés à la fois sur l’emplacement et la capacité, ajoutant jusqu’à cinq euros supplémentaires par place et par trimestre dans les rues touristiques de premier plan à forte demande.

  • Les tarifs hôteliers de Palma de Majorque : Palma, reconnaissant la nature du secteur de l’hébergement, a choisi d’appliquer des tarifs similaires à ceux facturés aux petits hôtels, avec différents niveaux selon que le logement propose ou non des services de restauration.

Cet écart signale un besoin urgent de réforme généralisée. Alors que le boom des locations de vacances en Espagne continue de peser sur les services publics, ignorer cette disparité de la redevance déchets compromet l’objectif même de recouvrement des coûts fixé par la loi nationale, créant un risque de tourisme subventionné par les fonds publics, tant que les ordonnances budgétaires municipales ne seront pas corrigées pour 2026.

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Couvre l'industrie de la location courte durée pour Scale Wire. Spécialisé en Regulation & Compliance, tendances technologiques et analyse de marché.

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